[CINÉMA] Projection du film « Vincent et moi »

Vous êtes ici

Version imprimableEnvoyer par mailVersion PDF
Ecouter

Projection : Découverte du film "Vincent et moi"

Le film…

Vincent est né avec une trisomie, une différence qui demande du courage, de la patience et une bonne dose d’humour parfois. Tout est un peu... beaucoup... plus compliqué pour lui. Maintenant, il a grandi. Il aimerait vivre comme tout le monde, travailler, être autonome mais surtout être amoureux... Edouard, son père, va tout faire pour l’aider à trouver cette indépendance qu’il désire tant, mais Vincent sera-t-il capable de voler de ses propres ailes ?

 

Biographies

Photo d'Édouard Cuel

ÉDOUARD CUEL est passionné par le cinéma et intègre Sciences Po sur le tard. Il s’intéresse alors à la vidéo comme instrument de circulation de la parole, crée des dispositifs de consultation, forme des jeunes en difficulté et contribue à la création d’une TV libre. Il se tourne ensuite vers le documentaire et réalise alors plusieurs films TV : La Classe de Liliane (1998), Le temps des Chibanis (2006), Le Rêve de Salif (2014).

Photo de Gaël Breton

GAËL BRETON est un réalisateur, acteur et producteur. Il réalise son premier long-métrage cinéma Acuerdate (Souviens-toi) (2008), qui reçoit les prix du Meilleur film étranger, de la Meilleure photographie et celui du Meilleur Acteur au Festival international du film indépendant de NYC. Il co-réalise et produit son premier documentaire TV Une vie normale (2014).

Photo de Vincent

VINCENT est un jeune homme de 21 ans. Il est trisomique. Il aimerait travailler, vivre de façon autonome et avoir une histoire d’amour. Vincent a des rêves d’indépendance, des désirs fous. Ceinture noire de karaté, il pourrait aussi devenir professeur ce à quoi croit et le pousse son professeur, une grande figure du karaté mondial.

 

Interviews avec les deux réalisateurs : Edouard Cuel et Gaël Breton.

D’où vous est venue l’idée de faire ce documentaire ?

Édouard CUEL : Aider un enfant handicapé à progresser dans la vie relève de la bataille permanente, surtout quand on cherche son intégration. Pour ce qui est de mon fils Vincent, à l’école, ça a toujours été une bataille rien que pour faire ouvrir des classes au fur et à mesure qu’il avançait. Il a toujours été sur le front de vague, et qui dit pionnier dit bataille.
Il faut qu’il y ait une mobilisation pour que les choses se passent mieux. Au-delà de la bataille pour mon fils, c’est aussi une bataille pour l’ensemble des enfants handicapés mentaux ou handicapés tout court. On doit fédérer, jouer collectif, sinon on n’avance pas.
Et puis j’aime Vincent. Lui-même avait envie de faire ce film ! Il le dit : «j’ai envie de faire partager ma vie avec mes amis». Alors nous avons fait ce documentaire à la fois pour respecter sa volonté et pour servir tous les enfants qui sont dans son cas.

Gaël BRETON : Quand Edouard m’a parlé de son envie de faire un film sur l’intégration des jeunes handicapés à travers son fils et sur son passage à l’âge adulte, j’ai trouvé l’idée géniale. Ça m’a donné envie de comprendre comment s’articulaient les différents acteurs du handicap autour d’un projet pour l’enfant, et de découvrir cet univers-là. Edouard a su me convaincre avec son idée de faire un état des lieux de la situation sur cette époque charnière de la vie de son fils, donc j’ai vraiment eu envie de participer à cette aventure humaine. Cette aventure résonne en moi depuis le début comme un devoir mais aussi comme une évidence…

 

Ce documentaire retrace trois ans de vie. Trois ans dans la vie de Vincent. Quelles ont été les difficultés que vous avez pu rencontrer ?

Gaël BRETON : Tout le défi de ce documentaire, c’est que l’on a dû sans cesse s’adapter, un peu comme Vincent. Il y a une mise en abîme de sa vie. Comment retranscrire à l’image cette vie-là, tout en étant le plus juste et objectif possible ?

Edouard CUEL : Pratiquement, la principale difficulté a été que le CFA (Centre de Formation par l’Apprentissage) n’a pas voulu nous laisser tourner dans ses murs. Mais bon, on a essayé de contourner le problème avec le plus de justesse et de mesure possibles.

 

Et justement, comment Vincent a vécu cette expérience ?

Édouard CUEL : Vincent voulait tourner ce documentaire, on l’a fait avec lui. Il en est sorti heureux, il en est fier, et c’est ça qui est important, qu’il soit fier de lui.

Après, je ne sais pas si ça a fondamentalement changé sa vie. Je ne pense pas qu’il aurait fait autrement si ce film n’avait pas vu le jour. C’est quelqu’un qui mène son parcours avec beaucoup de détermination. Auparavant, il a vécu 12 ans de douleurs aux jambes, 2 ans d’opérations aux genoux... C’est un enfant qui est très résistant. Il sait ce qu’il veut, il fait tout ce qu’il peut pour, et il y va.

Gaël BRETON : Pour ma part, j’ai vu un jeune s’adapter mais surtout se dépasser. Même s’il y a eu des fois où il baissait les bras comme tout le monde. Le parcours de Vincent m’a fait comprendre que la clé de l’intégration c’est le dépassement de soi. Voilà le message comme je le perçois.
On a tant à apprendre de nos différences… Chez Vincent il y a comme une forme de sagesse, une forme de lumière qu’il donne et il y a quelque chose de bon qui peut nous servir, à nous tous, dans nos vies. Je n’ai pas eu de mal à m’identifier à lui, Vincent a ses problèmes, qui sont, certes, un peu différents des nôtres; mais au final ses problèmes ne sont pas si éloignés des nôtres.

Édouard CUEL : Il y va, c’est un bel exemple. Partout ou Vincent passe, le niveau d’humanité augmente.

 

Est-ce qu’aujourd’hui, la plupart des gens sont peu tolérants face aux jeunes trisomiques et plus largement aux jeunes personnes souffrant d’un handicap ?

Édouard CUEL : Hélas, oui. Il y a encore trop de gens qui ont peur des personnes handicapées.

Gaël BRETON : Tristement, oui.

Édouard CUEL : Le problème dans tout ça, c’est que les enfants handicapés sont réellement handicapés. On ne peut pas faire semblant. Donc le principe de leur intégration, il est dans la loi, c’est d’adapter. Et un certain nombre de gens trouvent que l’adaptation est un problème. Ça les oblige à se poser des questions et ils disent que ça casse le principe d’égalité. Mais justement, dans le cas du handicap, respecter l’égalité, c’est apporter des compensations…
Au-delà de la déclaration d’amour d’un père pour son fils, à travers ce documentaire, quel message souhaitez-vous faire passer ?

Édouard CUEL : Le message très général c’est qu’il faut écouter ces jeunes. Pour les respecter, il faut écouter, regarder, voir ce dont ils ont besoin, comment ça peut se passer, quelle innovation est intelligente, quelles méthodes mettre en oeuvre, etc…
Parce que ces jeunes ont une parole. Ils font des efforts immenses. Tous les professeurs, les pédagogues qui se sont mis à les écouter disent qu’ils en ont tiré un immense parti. Au départ, certains n’y croyaient pas, et au final ils disaient : « C’est génial, j’ai appris plein de trucs, j’explique mieux, et c’est bénéfique pour tous les enfants, handicapés ou non ».
Et puis, il faut que l’on cesse d’avoir peur d’eux et qu’on se mette à les aimer. Il y a encore des personnes, qui ont peur lorsqu’ils voient Vincent. Il faut que certaines mentalités évoluent.

Gaël BRETON : Je pense que la différence fait peur… qu’elle soit culturelle, ethnique, physique… et comme toute peur elle doit être dépassée si l’on veut avancer ! Le message qui peut être également véhiculé dans ce documentaire, c’est que les entreprises ne doivent pas avoir peur d’embaucher ces jeunes, trisomiques ou souffrant d’un handicap physique ou mental.

 

Il faut donc qu’il y ait une prise de conscience ?

Gaël BRETON : Oui, effectivement. Il ne faut pas avoir peur d’aller à leur rencontre, de les écouter et de les comprendre pour apprendre à les connaitre. Ils peuvent contribuer, à leur manière, à notre société. Ils ont une belle volonté, une réelle envie d’y participer, c’est quand même formidable ! Il faut pouvoir leur donner les moyens, se pencher véritablement sur la question de l’adaptation. Ils ont tant de choses à nous apporter.
Il y a encore du chemin à faire mais il faut rester optimiste, positif.
Continuons à rappeler aux entreprises et aux institutions qu’une rencontre est possible !

Édouard CUEL : Parce qu’à l’intérieur de tout ça, il y a de super jolies rencontres et il y a des gens qui ont su être très intelligents. Et il y en a heureusement tout de même beaucoup !

 

Source : Dossier de presse Next Film Distribution